Démarche artistique de Gilt

L’encre de Chine entre geste, silence et mémoire des paysages

La démarche de GILT — Gilles Thiebault s’oriente aujourd’hui vers une recherche où le paysage cesse progressivement d’être un sujet à représenter pour devenir une expérience intérieure.

Face aux rivages rocheux qu’il observe depuis Pornichet et sur les côtes de Bretagne, GILT ne cherche ni à décrire la mer ni à reproduire les rochers.

Ce qui retient son regard est plus discret : l’écriture lente du temps sur la pierre, les traces laissées par les marées, le dialogue incessant entre l’eau, le vent et la matière.

Le paysage devient le point de départ d’une peinture où le geste, le vide et le silence dialoguent dans une même respiration.

Le geste

La mer est le premier souffle de chacune de ses peintures.

D’un vaste mouvement de pinceau exécuté à l’expiration, inspiré notamment des « griffes » décrites par le peintre chinois Shitao (1642-1707), naît l’élan initial.

Ce geste libre et irréversible fait surgir l’énergie de l’eau.

Les rochers apparaissent ensuite, eux aussi posés à l’expiration, non comme des motifs à reproduire mais comme des présences venant répondre à cet élan premier.

La peinture ne décrit plus un paysage : elle fait naître un dialogue entre le mouvement de la mer et la permanence de la pierre.

L’encre et le vide

L’encre de Chine s’est progressivement imposée
comme le langage essentiel de GILT.

Exigeante, elle ne laisse que peu de place au repentir.
Chaque geste engage la surface du papier.

Cette pratique, proche par certains aspects de la calligraphie,
conduit l’artiste vers une peinture de plus en plus dépouillée où le noir ne vient pas couvrir le blanc mais le révéler.

Le vide cesse alors d’être une absence.

Il devient respiration, silence et espace offert au regard.

Cette recherche ne procède pas d’une volonté minimaliste.
Elle répond à un désir d’aller vers l’essentiel et de laisser apparaître ce qui demeure lorsque la recherche d’effet s’efface.

Un chemin entre peinture, Zen et calligraphie

La pratique du Zen Sōtō, commencée très tôt dans
son parcours, a profondément transformé la manière dont GILT regarde le monde et aborde le geste.

En 1983, sa rencontre avec le peintre et calligraphe coréen
Ung-No Lee (이응노) constitue une autre étape déterminante.

Le trait cesse progressivement d’être seulement une forme.
Il devient souffle, rythme, énergie et présence.

Cette rencontre, comme la pratique du Zen et plus tard celle de la calligraphie Shodō, ne constitue pas pour GILT
un ensemble de références esthétiques à reproduire.

Elles accompagnent un cheminement personnel dans lequel le geste précède progressivement l’image.

Du paysage à une écriture intérieure

Au fil des années, GILT s’est éloigné de la représentation pour construire une écriture picturale personnelle dans laquelle quelques masses d’encre et quelques traits peuvent suffire à faire surgir la mémoire d’un paysage.

La mer, les rochers et les rivages demeurent présents, mais ils deviennent les éléments d’une recherche plus vaste autour du temps, du souffle, du silence et de la présence.

La série Mer et Rochers marque aujourd’hui une
étape essentielle de cette recherche.

Découvrir Mer et Rochers →

Une peinture de la contemplation

Plus qu’une représentation de la nature, l’œuvre de GILT propose une expérience du regard.

Entre la mer et la pierre, il ne cherche plus seulement à peindre le paysage, mais à écouter le temps qui l’écrit.

À mesure que le geste rejoint la calligraphie et que le paysage devient écriture, la peinture invite à ralentir et à retrouver une relation plus silencieuse au temps.

« Je ne cherche pas à peindre la mer. Je cherche à rendre visible le silence qu’elle dépose sur les pierres. »

GILT — Pornichet, 2026